PTC et Buddha Blue dans les puffs : ce qu'il faut savoir sur ces drogues de synthèse
Dernière mise à jour : 13 oct.
En bref : « PTC » (pour « pète ton crâne »), aussi appelé « Buddha Blue », désigne des liquides à vapoter qui contiennent un ou plusieurs cannabinoïdes de synthèse, des drogues dont la puissance peut dépasser celle du cannabis (ANSM, février 2025). Ils circulent notamment dans des puffs ou des flacons vendus via les réseaux sociaux. En cas de malaise, de convulsions, de perte de connaissance, de délire ou d'hallucinations après avoir vapoté : appelez le 15, le 18 ou le 112.
On a tous vu l'essor des puffs ces dernières années.
Ces petites cigarettes électroniques jetables, colorées, aux goûts de bonbon ou de fruits rouges, ont envahi les cours de récréation, les lycées et les réseaux sociaux.
La puff jetable, aujourd'hui interdite à la vente en France, a été très populaire chez les plus jeunes.
Mais depuis quelque temps, un phénomène bien plus sombre et criminel a fait son apparition. Ce n'est plus une question de nicotine ou de dépendance au geste.
On parle ici de puffs frelatées, chargées aux drogues de synthèse, vendues sous le manteau ou sur Snapchat à des adolescents qui ignorent totalement ce qu’ils mettent dans leurs poumons.
Derrière les acronymes mystérieux comme PTC ("Pète Ton Crâne") ou les noms de code comme "Buddha Blue", se cachent des molécules de laboratoire extrêmement puissantes et potentiellement mortelles.
En tant que professionnels de la vape, il nous paraît utile d'informer clairement sur ce sujet.
Cet article n'est pas là pour faire du sensationnalisme, mais pour décortiquer la composition de ces poisons, analyser les moments clés de cette crise sanitaire et donner les clés pour repérer les risques avant qu'il ne soit trop tard.
Qu'est-ce qu'une drogue de synthèse dans la vape ?
Pour faire simple : ces produits n'ont absolument rien à voir avec le e-liquide au CBD ou le cannabis naturel.
Dans une puff frelatée, les trafiquants intègrent des cannabinoïdes de synthèse.
Ce sont des substances chimiques fabriquées en laboratoire qui imitent les effets du THC, la principale molécule active du cannabis (MILDECA). Leur puissance peut dépasser celle du cannabis (ANSM).
PTC, Buddha Blue, Spice : plusieurs noms pour des produits similaires
PTC (« pète ton crâne ») et Buddha Blue : d'après l'ANSM, ces deux noms désignent le même type de produit, un liquide à vapoter contenant un ou plusieurs cannabinoïdes de synthèse.
Autres noms : la MILDECA cite aussi JNR, Spleen, Spice et K2 (à ne pas confondre avec les marques de cigarettes électroniques du même nom). Un nom ne garantit rien sur la composition : la molécule et la dose peuvent changer d'un lot à l'autre.
Mélanges : l'ANSM signale que des benzodiazépines de synthèse sont parfois associées aux cannabinoïdes de synthèse.
Composition : pourquoi la dose est imprévisible
La composition d'une puff modifiée est le cauchemar des toxicologues.
Pourquoi ? Parce qu'il n'y a aucune règle, aucun dosage, aucune norme.
Un e-liquide vendu légalement contient du propylène glycol (PG), de la glycérine végétale (VG), des arômes et parfois de la nicotine. Un liquide « PTC », lui, contient une dose totalement aléatoire de cannabinoïdes de synthèse. Leur puissance peut dépasser celle du cannabis, et la quantité présente dans le liquide n'est jamais indiquée.
L'ANSM signale aussi des mélanges avec des benzodiazépines de synthèse. Elle rappelle que « le mode de consommation par vapotage ne réduit pas les risques » liés à ces produits.
Les moments clés de la crise sanitaire : Des cours de récréation aux urgences
Selon l'ANSM, ces pratiques sont encouragées sur les réseaux sociaux, et les adolescents sont particulièrement concernés. Les repères disponibles :
Depuis 2019 : les centres d'addictovigilance (CEIP-A) suivent les cas de vapotage de substances psychoactives autres que la nicotine.
2021-2022 : hausse des signalements, notamment chez des mineurs.
2024 : des adolescents sont hospitalisés après avoir vapoté du PTC.
Février 2025 : l'ANSM publie une mise en garde sur le vapotage de substances psychoactives.
Juin 2025 : la MILDECA diffuse une vidéo d'information sur les risques des cannabinoïdes de synthèse.
Quels sont les risques et les symptômes ?
Les effets décrits par l'ANSM sont nombreux et peuvent être graves.
Les symptômes rapportés
Troubles psychiatriques : épisodes délirants, hallucinations, attaques de panique, idées suicidaires.
Troubles cardiovasculaires : tachycardie (cœur qui s'emballe), douleur dans la poitrine.
Troubles neurologiques : malaises, amnésie, perte de connaissance, convulsions ; coma dans les cas graves.
Troubles digestifs et rénaux : nausées, vomissements, douleurs abdominales, atteintes rénales.
Addiction sévère, avec syndrome de sevrage.
Des intoxications graves
L'ANSM signale des cas graves pouvant aller jusqu'au coma, avec des complications neurologiques, cardiovasculaires, digestives et rénales.
Le danger tient en grande partie à l'imprévisibilité : la molécule et la dose varient d'un produit à l'autre, et la personne qui vapote ne peut pas savoir ce qu'elle inhale.
À savoir pour les proches comme pour les soignants : les tests rapides de dépistage du cannabis ne détectent pas les cannabinoïdes de synthèse (ANSM).
E-liquide légal ou liquide PTC : comment faire la différence ?
Critère | E-liquide vendu légalement en France | Liquide « PTC » ou Buddha Blue |
Circuit de vente | Commerces identifiés, vente interdite aux mineurs | Réseaux sociaux, revente de la main à la main |
Étiquetage | Composition, taux de nicotine, avertissements, coordonnées du responsable | Absent ou trompeur |
Contenu | Propylène glycol, glycérine végétale, arômes, nicotine éventuelle (20 mg/ml au maximum) ; produit déclaré à l'Anses avant sa mise sur le marché | Cannabinoïdes de synthèse en quantité inconnue, parfois d'autres substances |
Contenance | Flacon de 10 ml et réservoir de 2 ml au maximum si le liquide contient de la nicotine | Aucune règle |
Format jetable | Interdit à la vente depuis le 26 février 2025 | Souvent présenté sous forme de puff |
Comment repérer et protéger nos proches ?
Si vous êtes parent, enseignant, ou simplement vapoteur, voici les signaux d'alarme qui doivent vous mettre la puce à l'oreille :
L'absence de packaging officiel : Les puffs de synthèse sont souvent des modèles génériques noirs ou transparents, sans marque visible, sans étiquetage de sécurité obligatoire (pictogramme danger, taux de nicotine, adresse du fabricant).
Le comportement financier : Ces produits se vendent cher. Un besoin d'argent soudain et inexpliqué chez un adolescent peut être un indicateur.
Les signes physiques post-vape : Si un jeune présente des yeux ultra-rouges, des pupilles dilatées, une élocution ralentie, des tremblements ou une somnolence extrême juste après avoir utilisé sa "vapoteuse", ce n'est probablement pas de la nicotine.
Que faire en cas de malaise ?
Appelez immédiatement le 15 (Samu), le 18 (pompiers) ou le 112 en cas de malaise, de convulsions, de perte de connaissance, de délire ou d'hallucinations : c'est la consigne de l'ANSM.
Si la personne est inconsciente et respire, placez-la en position latérale de sécurité et ne la laissez pas seule.
Gardez le produit (puff, flacon) pour le montrer aux secours.
Pour parler d'une consommation ou demander conseil : Drogues Info Service, 0 800 23 13 13, appel anonyme et gratuit. Les Consultations jeunes consommateurs sont gratuites et confidentielles pour les moins de 25 ans.
En conclusion
La présence de drogues de synthèse dans des puffs relève du trafic, sans rapport avec les produits du vapotage vendus légalement. Informer sans dramatiser, parler sans tabou avec les adolescents et appeler les secours au moindre malaise restent les meilleurs réflexes.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le PTC dans une puff ?
Un liquide à vapoter contenant un ou plusieurs cannabinoïdes de synthèse, aussi appelé Buddha Blue. Ces drogues imitent les effets du cannabis, avec une puissance qui peut être bien supérieure (ANSM).
PTC et Buddha Blue, est-ce la même chose ?
Oui, selon l'ANSM, ce sont deux noms pour le même type de produit, dont la composition exacte varie d'un lot à l'autre.
Le PTC est-il détecté par un test cannabis ?
Non : les tests rapides de dépistage du cannabis ne détectent pas les cannabinoïdes de synthèse (ANSM).
Que faire si un adolescent fait un malaise après avoir vapoté ?
Appelez le 15, le 18 ou le 112 sans attendre, et gardez le produit pour le montrer aux secours.
Sources officielles
Pour aller plus loin



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