Faire son e-liquide DIY : le guide complet pour débuter (et diviser sa facture)
- Théo Frackowiak

- 8 juil.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 juil.
Le DIY, c'est la station de ravitaillement du vapoteur malin. Trois ingrédients, cinq minutes de préparation, et une facture qui fond. Voici le guide sans jargon.
Le DIY, c'est quoi exactement ?
Réponse-flash. Le DIY (Do It Yourself) consiste à fabriquer soi-même son e-liquide en mélangeant trois composants : une base PG/VG neutre, un arôme concentré, et si besoin un booster de nicotine. Un flacon de concentré de 30 ml permet généralement de produire entre 150 et 300 ml d'e-liquide fini, selon le dosage recommandé.
C'est la méthode la plus économique pour vaper. Là où un flacon prêt à vaper de 10 ml vous coûte quelques euros, le même volume produit en DIY revient souvent à moins d'un tiers du prix. Sur une consommation annuelle, l'écart se compte en centaines d'euros.
Les trois ingrédients (et à quoi ils servent)
Réponse-flash. La base porte la vapeur et le hit. L'arôme concentré porte le goût. Le booster apporte la nicotine. Aucun des trois ne se vape seul : le concentré pur est invapable et ne doit jamais être inhalé directement.
1. La base PG/VG
Le propylène glycol (PG) transporte les arômes et donne la sensation en gorge. La glycérine végétale (VG) épaissit le liquide et produit la vapeur. Le ratio change tout :
70/30 PG/VG — peu de vapeur, hit marqué, saveurs nettes. Pods MTL, résistances supérieures à 1,0 Ω.
50/50 — le compromis universel, compatible avec la majorité des cigarettes électroniques.
30/70 — vapeur abondante, hit doux. Sub-ohm, résistances sous 0,5 Ω.
100 % VG — vapeur maximale, hit quasi nul. Gros DL, atomiseurs puissants.
Règle simple : plus la résistance est basse (sub-ohm), plus il faut de VG. Un liquide trop fluide dans une résistance très basse, c'est la fuite assurée ; un liquide trop épais dans un pod fin, c'est le dry hit.
2. L'arôme concentré
C'est la recette, en version condensée. Chaque concentré indique un dosage conseillé, exprimé en pourcentage du volume final. Les écarts sont considérables selon l'origine :
Arômes malaisiens (Vape Sauce, Full Moon) : très expressifs, dosage souvent bas, autour de 10 %.
Arômes français (Fighter Fuel, A&L, Mexican Cartel, Cebueno) : dosage généralement entre 15 et 20 %.
Un même flacon de 30 ml dosé à 10 % produit 300 ml de liquide fini ; dosé à 20 %, seulement 150 ml. À prix égal, l'arôme faiblement dosé est deux fois plus rentable.
3. Le booster de nicotine
Un booster est simplement une base neutre chargée en nicotine à 20 mg/ml, vendue en flacons de 10 ml. La réglementation européenne plafonne à la fois le dosage (20 mg/ml) et le format (10 ml) : c'est la raison pour laquelle il n'existe pas de gros flacons nicotinés. Si vous ne souhaitez pas de nicotine, on saute simplement cette étape.
Comment doser : la méthode en 4 étapes
Réponse-flash. On part toujours du volume final souhaité. On calcule d'abord l'arôme (son pourcentage), puis les boosters (selon le taux de nicotine visé), et la base complète le reste. Elle n'est jamais calculée en premier.
Exemple — 100 ml de e-liquide, arôme dosé à 15 %, sans nicotine :
Volume final : 100 ml
Arôme : 15 % de 100 = 15 ml
Booster : 0 ml
Base : 100 − 15 − 0 = 85 ml
Même exemple, en visant 3 mg/ml de nicotine :
Un booster de 10 ml à 20 mg/ml apporte 200 mg de nicotine. Pour 100 ml à 3 mg/ml, il faut 300 mg, soit 1,5 flacon (15 ml).
Arôme : 15 ml
Boosters : 15 ml
Base : 100 − 15 − 15 = 70 ml
Astuce : on arrondit sans état d'âme. Utiliser 2 flacons entiers plutôt que 1,5 décale le taux de quelques dixièmes de milligramme — imperceptible.
Le matériel : faut-il vraiment s'équiper ?
Réponse-flash. Non. Un flacon vide gradué suffit pour débuter. Les seringues et béchers ne deviennent utiles que pour les petits volumes de test (10-20 ml), où la moindre goutte compte.
Pour aller au plus simple, les packs DIY prêts à mélanger contiennent déjà la base et les boosters dans le bon flacon — il ne reste qu'à verser l'arôme. C'est l'option zéro calcul.
Les 5 erreurs classiques du débutant
Vaper le concentré pur. Jamais. Il doit être dilué, sans exception.
Surdoser l'arôme en pensant renforcer le goût. Au-delà du dosage conseillé, le liquide devient âcre et sature les papilles.
Zapper la maturation. Un mélange frais est souvent plat. Certains arômes ont besoin de plusieurs jours.
Ignorer le ratio PG/VG de son matériel. C'est la cause n°1 des fuites et des dry hits.
Mal stocker les boosters. La nicotine s'oxyde à la lumière et à la chaleur : flacon fermé, endroit sombre, hors de portée des enfants.
Questions fréquentes
Le DIY est-il vraiment moins cher ?
Oui, très nettement. Le coût au millilitre est généralement divisé par trois ou quatre par rapport à un prêt-à-vaper équivalent, à condition de préparer des volumes de 100 ml ou plus.
Peut-on vaper son DIY immédiatement ?
Techniquement oui, mais le rendu sera pauvre. Les fruités simples s'expriment en 2 à 5 jours, les gourmands et les classics demandent souvent 2 semaines ou plus.
Faut-il obligatoirement de la nicotine ?
Non. Un DIY en 0 mg se compose uniquement de base et d'arôme.
Combien de temps se conserve un DIY ?
Bien fermé, à l'abri de la lumière et de la chaleur, un e-liquide se garde environ un an. Une teinte qui brunit signale une oxydation de la nicotine, sans danger mais avec une perte de saveur.
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