Tout savoir sur le PG et la VG : Histoire, secrets de fabrication et rôle dans votre e-liquide
- Théo Frackowiak

- 22 juin
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 juil.
Quand on commence la vape, on entend parler de ratios, de pourcentages et de deux acronymes un peu barbares : le PG (Propylène Glycol) et la VG (Glycérine Végétale).
Pour le grand public, ces noms sonnent comme des produits chimiques tout droit sortis d'une usine de solvants toxiques.
C’est d'ailleurs l'argument préféré des détracteurs de la cigarette électronique.
Pourtant, la réalité est bien différente. Ces deux fluides, qui représentent plus de 90 % de ce que vous vapotez, ne sortent pas d'un chapeau de sorcier.
Nous les consommons et les utilisons tous les jours, du matin au soir, bien souvent sans le savoir.
D'où viennent-ils ? Comment sont-ils fabriqués ? Pourquoi l’industrie de la vape n’utilise-t-elle pas d'autres substances ? Il est temps de démonter les idées reçues en analysant la chimie, l'histoire et les secrets de ce duo inséparable.
Une perspective historique : Des machines à fumée de théâtre à la vape
L'utilisation du couple PG/VG pour faire de la vapeur n'a pas été inventée par Hon Lik (l'inventeur de la e-cigarette moderne) en 2003.
Son histoire est beaucoup plus ancienne et liée au monde du spectacle.
Dès les années 1940 et 1950, les ingénieurs du théâtre et du cinéma cherchaient un moyen de créer de la fausse fumée sur scène qui soit sans danger pour les acteurs et le public.
Les anciennes méthodes utilisaient des huiles minérales qui encrassaient les poumons et faisaient tousser.
C’est en se tournant vers les glycols que l'industrie a trouvé la solution : un liquide capable de s'évaporer à basse température pour former un brouillard dense et totalement inoffensif pour les voies respiratoires lors d'expositions courtes.
Lorsque la cigarette électronique est née, le choix du PG et de la VG s'est imposé naturellement : ces composés étaient déjà classés comme sûrs, économiques, et surtout, ils possédaient les propriétés physiques idéales pour simuler la fumée de cigarette.
Le Propylène Glycol (PG) : Le conducteur de saveur
Le propylène glycol est un composé organique liquide, incolore, presque inodore et légèrement visqueux. En chimie, il porte le doux nom de propane-1,2-diol et sa formule brute est C3 H8 O2. Sous sa forme d'additif réglementé, il est connu sous le code européen E1520.
Comment l'extrait-on ?
Le PG de qualité pharmacopée (norme USP/EP utilisée dans la vape) est synthétisé industriellement par l’hydratation de l’oxyde de propylène.
Bien qu’historiquement dérivé de la pétrochimie, il est important de préciser que le produit final subit des purifications si drastiques qu'il ne reste aucune trace de composants toxiques.
Mieux encore : aujourd'hui, une part grandissante du PG mondial est dite "bio-sourcée", c'est-à-dire obtenue par la fermentation de matières végétales renouvelables comme le maïs ou le soja (le mono-propylène glycol végétal ou MPGV).
Quel est son rôle dans votre vape ?
Le PG est très fluide. Dans votre e-liquide, il a deux missions cruciales :
Fixer et restituer les arômes : C’est un excellent solvant. Sans lui, la fraise ou le caramel de votre liquide n'auraient presque aucun goût.
Favoriser le "hit" : Le hit, c'est cette contraction de la gorge que recherche le fumeur lorsqu'il inhale de la nicotine. Le PG accentue mécaniquement cette sensation.
La Glycérine Végétale (VG) : La machine à nuages
La glycérine végétale, ou glycérol, est une molécule plus lourde (formule C3 H8 O3). C’est un liquide transparent, très visqueux, collant et doté d'un goût naturellement sucré. Son code européen est le E422.
Comment l'extrait-on ?
Contrairement au PG, la VG est extraite de manière 100 % naturelle par un processus appelé saponification ou hydrolyse de corps gras végétaux. On utilise généralement de l'huile de colza, de tournesol, de palme ou de noix de coco.
Les graisses sont chauffées sous haute pression avec de l'eau, ce qui sépare les acides gras de la glycérine pure.
Le liquide est ensuite distillé à plusieurs reprises sous vide pour éliminer l'eau et atteindre un taux de pureté supérieur à 99,5 %, indispensable pour la vape.
Quel est son rôle dans votre vape ?
La VG est lourde et dense. Son rôle est unique : produire de la vapeur. C'est elle qui crée ces nuages blancs et ronds qui se dissipent rapidement dans l’air. Elle apporte aussi de la douceur en bouche, atténuant le côté parfois trop sec ou irritant du propylène glycol.
Pourquoi ces deux produits et pas autre chose ?
C'est une question légitime : pourquoi ne pas utiliser de l'eau, de l'huile ou de l'alcool pour faire du e-liquide ? La réponse tient à des critères physiques et biologiques intangibles.
Le piège mortel de l'huile : On ne peut pas vaper de corps gras (huile d'olive, huile essentielle, etc.). Inhaler des lipides sous forme de vapeur entraîne une maladie pulmonaire gravissime appelée pneumopathie lipidique. Le PG et la VG ne sont pas des huiles, ce sont des alcools multi-hydroxylés (des polyols), qui ne laissent aucun dépôt graisseux dans les alvéoles pulmonaires.
Le problème de l'eau et de l'alcool : L'eau s'évapore à 100°C mais ne produit pas de brouillard persistant (elle disparaît presque instantanément). L'alcool, quant à lui, s'évapore trop vite et s'avère extrêmement irritant et enivrant s'il est inhalé en grande quantité.
Le point d'ébullition idéal : Le PG (188°C) et la VG (290°C) s'évaporent sans brûler aux températures exactes générées par les résistances de nos cigarettes électroniques (entre 150°C et 250°C).
Au-delà de la vape : Où retrouvons-nous le PG et la VG au quotidien ?
Si le PG et la VG étaient toxiques, notre vie quotidienne serait un enfer. Le domaine de la cigarette électronique ne représente qu'une infime fraction de leur utilisation mondiale.
Domaine | Utilisations courantes du Propylène Glycol (PG) | Utilisations courantes de la Glycérine Végétale (VG) |
Alimentaire | Émulsifiant dans les sauces, solvant pour les arômes de pâtisserie, conservateur dans les plats préparés. | Agent humidifiant dans les gâteaux (pour éviter qu'ils ne sèchent), additif pour le moelleux des confiseries. |
Cosmétique | Base hydratante des sticks de rouge à lèvres, des déodorants et des gels douche. | Composant majeur des crèmes hydratantes, des dentifrices et des savons pour peaux sensibles. |
Pharmacie | Diluant universel pour les sirops contre la toux, les sprays nasaux et les traitements injectables. | Base pour les sirops, les suppositoires et les capsules de gélatine souple pour les médicaments. |
Le bilan toxicologique : Quel recul avons-nous ?
Sur le plan de l'ingestion, le PG et la VG sont classés GRAS (Generally Recognized As Safe) par les plus grandes autorités sanitaires mondiales (dont la FDA américaine et l'EFSA européenne).
En inhalation, le recul est également colossal grâce aux décennies d'utilisation dans les discothèques, les théâtres et les inhalateurs médicaux pour l'asthme (la ventoline contient du propylène glycol comme propulseur).
Les études scientifiques s'accordent à dire que la dégradation thermique du PG et de la VG dans une e-cigarette normale (sans surchauffe ni dry hit) produit une vapeur infiniment moins nocive que la fumée de tabac et ses 7 000 substances cancérigènes.
La seule réserve concerne l'intolérance au PG.
Un petit pourcentage de vapoteurs possède une sensibilité accrue au propylène glycol, ce qui provoque une sécheresse intense de la gorge, des toux persistantes ou des aphtes.
Pour ces profils, l'industrie a créé des e-liquides alternatifs formulés en 100 % VG ou à base de Végétol (un substitut au PG ultra-doux issu de la fermentation du sucre de céréales).
En comprenant ce que contient votre flacon, vous reprenez le contrôle de votre santé.
Le PG et la VG ne sont pas des poisons industriels cachés, mais les fondations chimiques saines d'une révolution sanitaire qui aide des millions de fumeurs à tourner définitivement la page du tabac.
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