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Recruter dans la vape : trouver un bon vendeur plutôt qu'un simple vendeur

23 sept.
17 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Recruter dans la vape : trouver un bon vendeur plutôt qu'un simple vendeur

Le candidat avait tout pour plaire : quatre ans de vape, une collection de matériel impressionnante, un vocabulaire technique irréprochable. Trois semaines après son embauche, les clients débutants ressortaient de la boutique avec des kits trop complexes pour eux, et certains ne revenaient pas. Il connaissait parfaitement les produits. Il ne savait pas encore écouter.

Cette scène, beaucoup de gérants l'ont vécue. Elle illustre le malentendu central du recrutement dans la vape : on cherche souvent quelqu'un qui connaît les produits, alors que le métier consiste surtout à comprendre des gens. Cet article s'adresse aux gérants, responsables de boutique, réseaux et buralistes qui recrutent un vendeur ou un conseiller en cigarette électronique. Il intéressera aussi les candidats qui veulent savoir ce qu'on attend réellement d'eux.

Vendeur, conseiller, technicien, passionné : de qui avez-vous besoin ?

Six profils qu'on confond souvent

Derrière l'intitulé « vendeur en boutique de vape », on retrouve des profils très différents. Aucun n'est mauvais en soi. Le problème, c'est de recruter l'un en croyant recruter l'autre.

Profil

Force principale

Limite fréquente

Utile pour

Vendeur

Aisance, rythme, conclusion de la vente

Propose vite, écoute peu

Forte affluence, réassort rapide

Conseiller

Découverte du besoin, pédagogie

Peut manquer de rythme aux heures chargées

Clients débutants, fidélisation

Technicien

Maîtrise du matériel, diagnostic de panne, reconstructible

Jargon, difficulté à simplifier

SAV, clientèle experte

Passionné

Connaissance du marché, enthousiasme

Tendance à projeter ses goûts sur le client

Veille produit, animation de la communauté

Commercial

Relation fournisseurs, négociation, objectifs

Orientation chiffre plus que client

Développement, B2B, dépôts-ventes

Responsable de boutique

Organisation, gestion d'équipe, stock, conformité

Moins de temps au comptoir

Structure et continuité

Dans une petite boutique, une même personne doit souvent couvrir plusieurs colonnes. La question devient alors : quelle compétence est indispensable dès le premier jour, et laquelle peut s'apprendre ? La technique s'apprend en quelques semaines avec un bon accompagnement. L'écoute et la patience s'apprennent beaucoup plus lentement.


Pourquoi la passion ne garantit pas le conseil

La passion est un atout réel : elle donne de la curiosité, de l'envie, une connaissance fine du marché. Mais elle a un effet secondaire bien connu des gérants. Le passionné a construit ses propres préférences (un tirage, une marque, un style de vape) et a tendance à les trouver évidentes. Face à un fumeur de 60 ans qui veut « quelque chose de simple », il peut passer dix minutes sur des détails qui n'intéressent pas le client.

Il faut aussi se méfier du raisonnement inverse. Un candidat qui ne vapote pas peut devenir un excellent conseiller s'il sait écouter et apprendre. D'ailleurs, les habitudes personnelles de consommation d'un candidat ne sont pas un critère légitime en soi : le Code du travail (article L1221-6) prévoit que les informations demandées à un candidat doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l'emploi proposé. Ce qui compte, c'est ce qu'il sait et ce qu'il fait au comptoir.

Ce qu'un gérant expérimenté remarque immédiatement

En entretien, observez qui pose les questions. Un candidat qui vous interroge sur votre clientèle (« vous avez surtout des débutants ou des vapoteurs confirmés ? », « comment se passe le suivi après la vente ? ») montre déjà le réflexe de découverte qu'il aura avec les clients. Un candidat qui parle surtout des produits qu'il aime vous montre, lui aussi, comment il vendra.

Les compétences à évaluer

Connaissances produit

Le niveau attendu dépend du poste, mais un conseiller doit pouvoir expliquer simplement chacune des notions suivantes, et savoir dans quel cas elle compte pour le client.

Domaine

Ce que le candidat doit savoir expliquer

Niveau attendu à l'embauche

Résistance

Rôle, valeur en ohms, usure, lien avec le tirage et la puissance

Indispensable

Puissance

Lien avec la résistance, la vapeur, la consommation de liquide

Indispensable

Batterie et autonomie

Intégrée ou accu, charge, précautions de sécurité, autonomie réelle

Indispensable

Airflow

Réglage du flux d'air, effet sur le tirage et le goût

Indispensable

MTL / RDL / DL

Les trois tirages et le profil de client associé

Indispensable

Nicotine

Concentration en mg/ml, base libre ou sels, limites légales, signes d'excès ou de manque

Indispensable

E-liquides et PG/VG

Rôle du PG et de la VG, choix du ratio selon le matériel

Indispensable

Pod, box, clearomiseur

Différences, avantages, public concerné

Indispensable

Reconstructible

Principe, public visé, risques pour un débutant

Utile, peut s'apprendre

Compétences commerciales

Compétence

Comment elle se voit au comptoir

Découverte du besoin

Pose des questions ouvertes avant de montrer un produit

Écoute

Rebondit sur ce que dit le client, ne coupe pas la parole

Reformulation

Résume le besoin avant de proposer

Argumentation

Relie chaque caractéristique à un bénéfice pour ce client-là

Vente additionnelle pertinente

Propose une résistance de rechange ou un liquide adapté parce que le client en aura besoin, pas pour augmenter le ticket

Fidélisation

Propose un point de suivi, explique l'entretien, donne envie de revenir

Gestion d'objection

Traite la vraie inquiétude derrière « c'est trop cher » ou « ça ne marchera pas »

Client mécontent

Écoute, diagnostique, cherche une solution avant de se justifier

Compétences humaines

La pédagogie, la patience, la capacité à vulgariser, l'honnêteté et la faculté de dire « je ne sais pas, je vérifie ». Cette dernière mérite qu'on s'y arrête : un vendeur qui invente une réponse sur la nicotine ou sur une batterie peut faire courir un risque au client. Celui qui reconnaît sa limite et va chercher l'information fiable protège le client et la boutique.

Le socle réglementaire

Un conseiller n'a pas besoin d'être juriste, mais certaines règles doivent être connues dès le premier jour, parce qu'il les applique lui-même au comptoir.

Ce que tout vendeur doit savoir (cadre en vigueur en septembre 2026)

  • La vente de produits du vapotage aux moins de 18 ans est interdite, et le vendeur doit exiger une preuve de majorité (Code de la santé publique, art. L3513-5). L'infraction est punie de l'amende prévue pour les contraventions de 4e classe.

  • La concentration en nicotine des liquides ne peut pas dépasser 20 mg/ml, et les flacons de recharge nicotinés sont limités à 10 ml (directive 2014/40/UE, art. 20, transposée en droit français).

  • Depuis la loi n° 2025-175 du 24 février 2025, les dispositifs de vapotage à usage unique (les « puffs » jetables) ne peuvent plus être vendus.

  • Depuis le 1er juillet 2026, la DGCCRF indique que la vente en station de recharge de liquides avec nicotine ajoutée par le détaillant est interdite.

  • La publicité directe ou indirecte en faveur des produits du vapotage est interdite, avec des exceptions limitées, notamment pour les affichettes à l'intérieur des points de vente non visibles de l'extérieur (art. L3513-4). Un vendeur ne peut pas présenter la vape comme un produit bon pour la santé.

Ces règles évoluent régulièrement : un point de mise à jour avec l'équipe tous les six mois est une bonne pratique.

Les erreurs de recrutement les plus fréquentes dans une boutique de vape

Recruter uniquement sur la passion. On l'a vu : la passion est un moteur, pas une compétence de conseil. Un passionné qui n'écoute pas vendra son matériel préféré à tout le monde.

Recruter uniquement sur l'expérience. « Trois ans dans une boutique concurrente » ne dit rien de la façon dont le candidat conseillait. Il a pu prendre de très bonnes habitudes, ou de très mauvaises. Seule une mise en situation le montre.

Confondre connaissance technique et capacité commerciale. Savoir monter une résistance sur un plateau reconstructible et savoir faire choisir un premier matériel à un fumeur anxieux sont deux métiers différents.

Ne pas tester l'écoute. C'est l'erreur la plus répandue, parce que l'écoute ne se voit pas dans un CV ni dans un échange classique. Il faut la provoquer : un faux client qui glisse une information importante au milieu d'une phrase, et on observe si le candidat la relève.

Ne pas faire de mise en situation. Un entretien mesure la capacité à parler de soi. Une mise en situation mesure la capacité à faire le métier. Les deux ne coïncident pas toujours.

Ne pas vérifier la capacité à expliquer simplement. Demandez au candidat d'expliquer ce qu'est un taux de nicotine à quelqu'un qui n'y connaît rien, en trente secondes. Vous saurez très vite s'il sait vulgariser.

Oublier la conformité. Un candidat brillant qui trouve « exagéré » de demander une pièce d'identité à un client qui paraît jeune représente un risque pour la boutique.

L'erreur que l'on ne vous explique presque jamais

On recrute souvent la personne qui ressemble au gérant. Un gérant technicien recrute des techniciens, un gérant très commercial recrute des profils qui concluent vite. Le résultat : une équipe homogène, avec les mêmes angles morts. Avant de recruter, regardez qui manque dans votre équipe. Si tout le monde est expert, le prochain recrutement devrait peut-être être la personne la plus patiente avec les débutants.

L'entretien d'embauche : 12 questions commentées

Chaque question est accompagnée de ce qu'elle mesure, d'un exemple de réponse intéressante, d'un signal d'alerte et de la piste à creuser.

1. « Racontez-moi la dernière fois que vous avez aidé quelqu'un à choisir un produit, dans n'importe quel domaine. »

  • Ce qu'elle mesure : le réflexe de découverte, indépendamment de la vape.

  • Réponse intéressante : le candidat raconte les questions qu'il a posées avant de recommander.

  • Signal d'alerte : il raconte uniquement le produit qu'il a conseillé.

  • À approfondir : « Qu'est-ce que vous lui avez demandé avant ? »

2. « Expliquez-moi ce qu'est une résistance comme si j'étais un fumeur qui n'a jamais vapoté. »

  • Ce qu'elle mesure : la vulgarisation.

  • Réponse intéressante : une image simple, puis l'information utile (« elle s'use, on la change, sinon ça goûte le brûlé »).

  • Signal d'alerte : ohms, fil, coton, wattage dès la première phrase.

  • À approfondir : « Et pourquoi ça compte pour moi, client ? »

3. « Quelle différence faites-vous entre MTL, RDL et DL, et à qui conseilleriez-vous chacun ? »

  • Ce qu'elle mesure : la connaissance technique reliée au profil client.

  • Réponse intéressante : définit chaque tirage et l'associe à des situations (ancien fumeur, recherche de goût, recherche de vapeur).

  • Signal d'alerte : présente le DL comme « le niveau supérieur » vers lequel tout le monde devrait aller.

  • À approfondir : « Un ancien fumeur peut-il être à l'aise en DL ? »

4. « Un client vous dit qu'il fume un paquet par jour. Quel taux de nicotine lui conseillez-vous ? »

  • Ce qu'elle mesure : le raisonnement plutôt que la règle apprise.

  • Réponse intéressante : « Ça dépend. Je lui demanderais son matériel, sa façon de fumer, le tirage qu'il veut, et je lui expliquerais les signes d'un dosage trop faible ou trop fort. »

  • Signal d'alerte : un chiffre donné immédiatement, présenté comme une règle.

  • À approfondir : « Et s'il revient trois jours après en disant qu'il a toujours envie de fumer ? »

5. « Qu'est-ce que les sels de nicotine changent par rapport à la nicotine classique ? »

  • Ce qu'elle mesure : la précision technique sans exagération.

  • Réponse intéressante : sensation en gorge plus douce à concentration égale, usage fréquent dans les pods, concentration toujours plafonnée à 20 mg/ml.

  • Signal d'alerte : « c'est moins fort » ou « c'est plus sain ».

  • À approfondir : « Pourquoi ne pas les mettre dans une box en sub-ohm ? »

6. « Un client vous dit que la vape, c'est aussi dangereux que la cigarette. Que répondez-vous ? »

  • Ce qu'elle mesure : la capacité à rester factuel sans promesse santé.

  • Réponse intéressante : renvoie vers des sources officielles, reste prudent, ne présente pas la vape comme « bonne pour la santé », propose de parler à un médecin ou à Tabac Info Service.

  • Signal d'alerte : affirmations absolues dans un sens ou dans l'autre.

  • À approfondir : « Où iriez-vous chercher l'information ? »

7. « Un client qui paraît très jeune veut acheter un e-liquide. Que faites-vous ? »

  • Ce qu'elle mesure : la conformité et l'aisance face à une situation délicate.

  • Réponse intéressante : demande systématiquement une pièce d'identité, avec politesse, et refuse la vente sans preuve de majorité.

  • Signal d'alerte : « s'il a l'air d'avoir 17 ans, ça passe ».

  • À approfondir : « Et s'il s'énerve ? »

8. « Un client revient furieux : son matériel fuit depuis le premier jour. »

  • Ce qu'elle mesure : la gestion d'un client mécontent.

  • Réponse intéressante : écoute d'abord, demande le matériel, vérifie le montage, le remplissage, le liquide utilisé, propose une solution.

  • Signal d'alerte : « C'est sûrement lui qui l'a mal rempli » comme premier réflexe.

  • À approfondir : « Et si c'est effectivement une erreur d'utilisation ? Comment le lui dites-vous ? »

9. « Quand avez-vous dit "je ne sais pas" à quelqu'un pour la dernière fois ? »

  • Ce qu'elle mesure : l'honnêteté et la capacité à reconnaître une limite.

  • Réponse intéressante : un exemple précis, suivi de ce qu'il a fait pour trouver la réponse.

  • Signal d'alerte : « Ça ne m'arrive pas vraiment. »

  • À approfondir : « Où avez-vous trouvé la bonne information ? »

10. « Qu'est-ce qu'une vente additionnelle réussie, selon vous ? »

  • Ce qu'elle mesure : l'éthique commerciale.

  • Réponse intéressante : une vente dont le client a réellement besoin (résistance de rechange, liquide adapté au matériel) et qu'il ne regrette pas.

  • Signal d'alerte : une réponse centrée uniquement sur le panier moyen.

  • À approfondir : « Donnez-moi un exemple de vente additionnelle que vous auriez refusé de faire. »

11. « Quel matériel déconseilleriez-vous à un débutant, et pourquoi ? »

  • Ce qu'elle mesure : la capacité à ne pas projeter ses goûts personnels.

  • Réponse intéressante : cite le reconstructible ou les configurations très puissantes, en expliquant pourquoi (réglages, consommation, risque de mauvaise expérience).

  • Signal d'alerte : ne déconseille rien, ou déconseille tout ce qu'il n'aime pas lui-même.

  • À approfondir : « Dans quel cas feriez-vous une exception ? »

12. « Comment feriez-vous pour qu'un client revienne ? »

  • Ce qu'elle mesure : la vision de la fidélisation.

  • Réponse intéressante : suivi, explications d'entretien, disponibilité pour un réglage, honnêteté sur ce qui n'est pas nécessaire.

  • Signal d'alerte : promotions et cartes de fidélité uniquement.

  • À approfondir : « Que diriez-vous à un client qui revient au bout d'une semaine sans avoir rien cassé ? »

Les mises en situation

La mise en situation est le cœur du recrutement. Le gérant ou un membre de l'équipe joue le client. Le candidat ne connaît pas le scénario à l'avance. Durée : 4 à 6 minutes par scénario.

Scénario A : « Je fume un paquet par jour, je veux passer à la vape »

Ce que le faux client sait, mais ne dit que si on lui demande : il fume surtout au travail, en pause ; il a déjà essayé un kit acheté en ligne, abandonné au bout d'une semaine parce qu'il « n'avait pas de sensation » ; il veut un objet discret.

Ce qu'on observe : le candidat pose-t-il des questions avant de proposer ? Découvre-t-il l'échec précédent ? Évite-t-il de fixer un taux de nicotine sur le seul nombre de cigarettes ? Explique-t-il les signes d'un dosage à ajuster ?

Point d'attention : un paquet par jour ne se traduit pas automatiquement en taux de nicotine. Le candidat qui raisonne (matériel, tirage, historique, ajustement après quelques jours) est bien plus rassurant que celui qui donne un chiffre juste en apparence.

Scénario B : le client qui ne veut « rien de compliqué »

Profil joué : 65 ans, peu à l'aise avec la technologie, un peu pressé.

Ce qu'on observe : le candidat limite-t-il le choix à deux ou trois options ? Utilise-t-il du jargon ? Fait-il une démonstration du remplissage et de la charge ?

Scénario C : l'objection prix

Réplique du faux client : « Je l'ai vu 8 euros moins cher sur internet. »

Ce qu'on observe : le candidat dénigre-t-il la concurrence ? Met-il en avant ce que la boutique apporte réellement (conseil, réglage, suivi, SAV) ? Accepte-t-il sereinement que le client puisse acheter ailleurs ?

Scénario D : la demande de puff jetable

Réplique du faux client : « Vous avez des puffs jetables ? »

Ce qu'on observe : le candidat sait-il que les dispositifs à usage unique ne peuvent plus être vendus depuis la loi du 24 février 2025 ? Sait-il l'expliquer sans agressivité et proposer une alternative rechargeable adaptée au besoin exprimé (simplicité, format) ?

Le test pratique de 25 minutes et sa grille d'évaluation

Le test combine connaissances, écoute, pédagogie, raisonnement et comportement commercial. Il peut être conduit par une seule personne.

Temps

Épreuve

Ce qui est évalué

0 à 5 min

Quiz rapide (8 questions orales) : rôle de la résistance ; lien puissance/résistance ; MTL vs DL ; PG vs VG ; base libre vs sels ; concentration maximale légale ; âge minimum et preuve de majorité ; statut des puffs jetables

Connaissances

5 à 10 min

Vulgarisation : expliquer en 60 secondes ce qu'est un taux de nicotine, puis ce qu'est l'airflow, à un non-initié

Pédagogie

10 à 17 min

Mise en situation (scénario A ou B) avec une information clé glissée au milieu d'une phrase

Écoute, découverte, reformulation, raisonnement

17 à 21 min

Diagnostic : on présente un pod avec une cartouche ancienne et un liquide bruni ; le client se plaint d'un goût de brûlé

Raisonnement technique, pédagogie

21 à 25 min

Objection et clôture : objection prix, puis le candidat doit conclure en proposant un suivi

Comportement commercial, fidélisation

Grille d'évaluation (chaque critère noté de 0 à 4)

Critère

0 à 1

2

3 à 4

Coefficient

Connaissances produit

Erreurs sur les notions de base

Bases correctes, quelques confusions

Précis, sait relier technique et usage

×2

Écoute

Ne relève pas l'information clé

La relève tardivement

La relève et l'exploite

×3

Découverte du besoin

Propose un produit d'emblée

Quelques questions fermées

Questions ouvertes, ordre logique

×3

Reformulation

Aucune

Partielle

Claire, validée avec le client

×2

Pédagogie

Jargon, explication confuse

Compréhensible mais longue

Simple, imagée, utile

×2

Raisonnement nicotine

Chiffre automatique

Hésitant

Explique les facteurs et l'ajustement

×3

Conformité

Ignore les règles

Connaissance partielle

Connaît et applique

×2, éliminatoire si 0

Comportement commercial

Pousse ou abandonne

Correct

Honnête, rassurant, propose un suivi

×2

Lecture du score (maximum 76 points) : au-dessus de 55, profil solide ; entre 40 et 55, profil à former sur les points faibles identifiés ; en dessous de 40, profil probablement inadapté au poste de conseiller, quelle que soit l'expertise technique. Ces seuils sont indicatifs : ajustez-les à votre boutique après quelques recrutements.

Ce que le candidat ne voit pas

L'épreuve la plus révélatrice n'est pas le quiz, c'est l'information glissée au milieu d'une phrase (« j'avais essayé un truc, mais bon, bref »). Un candidat qui la relève (« vous aviez essayé quoi ? ») montre qu'il écoute vraiment. Dans la vraie vie, c'est souvent cette phrase-là qui contient la raison de la visite.

Côté candidat : ce que les gérants cherchent vraiment

Si vous postulez dans une boutique de vape, retenez ceci : on ne vous demandera pas de tout savoir, mais de savoir comment vous raisonnez. Préparez-vous à expliquer simplement une résistance, un tirage, un taux de nicotine. Préparez une anecdote où vous avez aidé quelqu'un à choisir en posant des questions. Et n'hésitez pas à interroger le gérant sur sa clientèle et sur la façon dont la boutique assure le suivi : c'est déjà une démonstration de vos qualités de conseiller.

Pour vous entraîner, l'article sur les profils de clients et la découverte du besoin contient la grille de questions utilisée par de nombreux conseillers, et l'article sur le conseil nicotine détaille le raisonnement attendu en mise en situation.

Conclusion : recruter une façon de penser

Un CV montre un parcours. Un entretien montre une façon de parler de soi. Seule la mise en situation montre la façon de conseiller. En recrutant, cherchez moins la personne qui sait tout que celle qui pose les bonnes questions, reconnaît ce qu'elle ignore et explique simplement ce qui est compliqué. La technique s'apprend ; le réflexe de comprendre le client avant de lui vendre quelque chose se repère dès le recrutement.

Pour les gérants. Le test de 25 minutes et sa grille peuvent servir aussi en formation interne, pour faire le point avec un vendeur déjà en poste. Pour construire le contenu de cette formation, appuyez-vous sur la grille de découverte client et sur la méthode de conseil nicotine.

L'essentiel à retenir

  1. Vendeur, conseiller, technicien et passionné sont des profils différents : identifiez celui qui manque à votre équipe.

  2. La passion et l'expérience sont des atouts, pas des preuves de capacité à conseiller.

  3. Évaluez trois blocs : connaissances produit, compétences commerciales, qualités humaines, plus le socle réglementaire.

  4. L'écoute ne se voit pas dans un CV : provoquez-la en mise en situation.

  5. Un bon candidat raisonne sur la nicotine au lieu de donner un chiffre automatique.

  6. La conformité (vente aux mineurs, puffs jetables, publicité) est un critère éliminatoire.

  7. Un test court, noté avec une grille, rend la décision plus objective et sert ensuite en formation.

Questions fréquentes

Quelles compétences faut-il pour travailler dans une boutique de vape ?

Il faut des connaissances produit (résistance, puissance, batterie, tirage MTL/RDL/DL, nicotine, PG/VG), des compétences commerciales (découverte du besoin, écoute, reformulation, gestion des objections) et des qualités humaines (patience, pédagogie, honnêteté). La connaissance des règles, notamment l'interdiction de vente aux mineurs, fait aussi partie du socle.

Faut-il être vapoteur pour être vendeur en boutique de vape ?

Non. Connaître le produit est nécessaire, mais cela s'apprend. La capacité à écouter et à expliquer simplement compte davantage. Par ailleurs, les informations demandées à un candidat doivent avoir un lien direct et nécessaire avec l'emploi (Code du travail, article L1221-6) : ses habitudes personnelles ne sont pas un critère en soi.

Quelles questions poser en entretien à un futur vendeur de cigarette électronique ?

Des questions qui révèlent le raisonnement : expliquer une résistance à un non-initié, conseiller un taux de nicotine à un client qui fume un paquet par jour, réagir face à un client mineur ou mécontent, dire quand il a reconnu ne pas savoir. Les meilleures réponses montrent des questions posées au client avant toute recommandation.

Comment tester un candidat vendeur en boutique de vape ?

Avec une mise en situation où un faux client détient des informations qu'il ne donne que si on lui pose les bonnes questions. Un test de 20 à 30 minutes peut combiner un quiz rapide, un exercice de vulgarisation, une mise en situation, un diagnostic de panne et une objection prix, notés avec une grille.

Quelle différence entre un vendeur et un conseiller en vape ?

Le vendeur cherche d'abord à conclure une vente. Le conseiller cherche d'abord à comprendre la situation du client pour lui proposer une solution adaptée, qu'il saura utiliser. En boutique de vape, où beaucoup de clients sont des fumeurs qui débutent, le rôle de conseiller est déterminant pour éviter l'abandon.

Quelles sont les erreurs à éviter quand on recrute dans la vape ?

Recruter uniquement sur la passion ou l'expérience, confondre expertise technique et capacité à conseiller, ne pas tester l'écoute, ne pas faire de mise en situation, ne pas vérifier la capacité à vulgariser et négliger la connaissance de la réglementation.

Un vendeur en boutique de vape peut-il vendre à un mineur ?

Non. En France, la vente de produits du vapotage aux moins de 18 ans est interdite, et le vendeur doit exiger la preuve de la majorité du client (article L3513-5 du Code de la santé publique). Le non-respect de cette règle expose à une amende contraventionnelle.

Un vendeur peut-il conseiller un taux de nicotine ?

Il peut expliquer les options disponibles et les signes d'un dosage trop faible ou trop élevé, en tenant compte du matériel et des habitudes du client. Il ne doit pas présenter un chiffre comme une prescription ni faire d'allégation de santé. Pour un accompagnement personnalisé, un médecin ou un tabacologue reste la référence.

Comment former un nouveau vendeur en boutique de vape ?

En combinant apprentissage technique (matériel, nicotine, e-liquides), observation de ventes réalisées par un conseiller expérimenté, mises en situation régulières et rappel des règles en vigueur. La grille d'évaluation utilisée au recrutement peut servir de base pour suivre sa progression.

Les puffs jetables sont-elles encore autorisées à la vente en France ?

Non. La loi n° 2025-175 du 24 février 2025 interdit la vente des dispositifs électroniques de vapotage à usage unique. Les dispositifs rechargeables restent autorisés, dans le respect des règles applicables aux produits du vapotage.

Lexique : les termes à connaître

Terme

Définition simple

Définition professionnelle

Pourquoi cela compte pour le client

Airflow

Le réglage de l'air

Ouverture réglable qui contrôle le débit d'air à travers l'atomiseur

Change le tirage, le goût et la vapeur

PG / VG

Les deux bases du liquide

Propylène glycol (vecteur de saveur et de sensation en gorge) et glycérine végétale (densité de vapeur)

Un ratio inadapté au matériel peut donner fuites ou goût de brûlé

Reconstructible

Atomiseur où l'on monte soi-même sa résistance

Atomiseur à plateau recevant des résistances et du coton posés par l'utilisateur

Réservé aux utilisateurs expérimentés

Sub-ohm

Résistance de faible valeur

Résistance inférieure à 1 ohm, utilisée à puissance élevée, souvent en DL

Plus de vapeur, plus de liquide consommé

Vente additionnelle

Proposer un produit complémentaire

Ajout au panier d'un produit lié au besoin identifié

Utile si le client en a vraiment besoin

Découverte

La phase de questions

Étape de l'entretien de vente consacrée à l'identification du besoin

Détermine la justesse du conseil

Reformulation

Résumer ce que le client a dit

Synthèse du besoin validée avec le client avant la proposition

Évite les malentendus

Dispositif à usage unique

La « puff » jetable

Dispositif prérempli non rechargeable, interdit à la vente en France depuis la loi du 24 février 2025

Le client doit se tourner vers du matériel rechargeable

Sources et références

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